« Mon adolescent ne veut plus aller au collège. »
« Chaque matin est devenu une bataille. »
« Il pleure, panique ou trouve toujours une excuse pour rester à la maison. »
De nombreux parents se sentent démunis face à ce type de situation.
Ils se demandent parfois si leur enfant est simplement démotivé, s’il cherche à éviter les cours ou s’il traverse quelque chose de plus profond.
Pourtant, dans certains cas, ce refus scolaire peut cacher une souffrance importante que l’on appelle communément la phobie scolaire.
La phobie scolaire n’est pas un manque de volonté
Contrairement aux idées reçues, un adolescent en phobie scolaire n’a généralement pas « la flemme » d’aller en cours.
Bien au contraire.
Beaucoup d’entre eux aimeraient réussir à aller au collège ou au lycée comme les autres jeunes.
Mais lorsqu’ils se retrouvent confrontés à l’environnement scolaire, leur niveau d’anxiété devient parfois si important qu’il les empêche d’y faire face sereinement.
Leur réaction n’est pas un caprice.
C’est souvent une véritable détresse émotionnelle.
Les signes qui peuvent alerter
Chaque adolescent est unique, mais certains signes reviennent fréquemment.
Des symptômes physiques récurrents
L’adolescent peut se plaindre régulièrement :
– de maux de ventre ;
– de nausées ;
– de maux de tête ;
– de vertiges ;
– de fatigue importante ;
– de troubles du sommeil.
Ce qui surprend souvent les parents, c’est que ces symptômes apparaissent surtout les jours d’école et diminuent parfois pendant les week-ends ou les vacances.
Une anxiété importante avant le départ
Le simple fait d’évoquer le collège ou le lycée peut provoquer :
– des pleurs ;
– de l’angoisse ;
– des crises de panique ;
– une grande irritabilité ;
– un besoin de rester à proximité de ses parents.
Certains adolescents commencent à stresser dès la veille au soir.
Des absences de plus en plus fréquentes
Au départ, l’adolescent peut demander à manquer un cours, puis une journée.
Progressivement, les absences deviennent plus nombreuses.
Il peut avoir beaucoup de mal à franchir le portail de l’établissement ou demander à rentrer rapidement à la maison.
Un changement de comportement
Les parents observent parfois :
– un repli sur soi ;
– une perte de confiance ;
– une tristesse inhabituelle ;
– de l’agressivité verbale, de l’agacement ;
– sur la défensive ;
– une baisse de motivation ;
– une diminution des activités qu’il aimait auparavant.
L’adolescent peut également devenir plus sensible aux critiques ou au regard des autres.
Que se passe-t-il dans sa tête ?
Derrière la phobie scolaire se cachent souvent des peurs importantes.
Par exemple :
« Je vais échouer. »
« Je ne vais pas être à la hauteur. »
« Les autres vont me juger. »
« Je ne me sens pas en sécurité. »
Pour certains adolescents, l’origine est liée à la pression scolaire.
Pour d’autres, elle peut être associée à des difficultés relationnelles, du harcèlement, une hypersensibilité, un manque de confiance en soi ou une anxiété plus générale.
Chaque situation mérite d’être comprise dans sa singularité.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Face à cette souffrance, les parents peuvent être tentés de dire :
« Fais un effort. »
« Tout le monde va à l’école. »
« Tu exagères. »
Même si ces phrases partent souvent d’une volonté d’aider, elles peuvent accentuer le sentiment d’incompréhension de l’adolescent.
Lorsqu’il est submergé par l’anxiété, il n’a pas simplement besoin qu’on lui demande de se dépasser.
Il a surtout besoin de se sentir entendu et accompagné.
Que faire si vous reconnaissez ces signes ?
La première étape consiste à ouvrir le dialogue sans jugement.
Chercher à comprendre ce que vit réellement l’adolescent est souvent plus utile que de chercher immédiatement à le convaincre de retourner en cours.
Il peut également être important de se rapprocher des professionnels compétents afin d’évaluer la situation et de mettre en place un accompagnement adapté.
Plus la souffrance est prise en compte tôt, plus il est généralement facile d’éviter qu’elle ne s’installe durablement.
Derrière le refus scolaire, il y a souvent une souffrance à écouter
La phobie scolaire ne définit pas un adolescent.
Elle est souvent le signal qu’une difficulté émotionnelle, relationnelle ou anxieuse a besoin d’être entendue.
Lorsqu’il se sent compris, soutenu et accompagné, le jeune peut progressivement retrouver davantage de sécurité intérieure et avancer à son rythme vers un retour plus serein à la scolarité.
Dans mon accompagnement au Mans, j’aide les adolescents à identifier certaines peurs, tensions émotionnelles ou blocages qui peuvent contribuer à leur mal-être scolaire. Lorsque ces émotions trouvent un espace pour être accueillies et exprimées, de nombreux jeunes retrouvent progressivement davantage de calme, de confiance et de sérénité dans leur quotidien.

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